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Denis Lapalus (El Tocardo)

La grève des lycéens fait des émules, des runners se mettent en grève à Bussy-Saint-Georges

Denis
Par Denis
Publié le

La grève des lycéens fait des émules, des runners se mettent en grève à Bussy-Saint-Georges (image générée via l’énergie nucléaire française par un logiciel subversif nommé IA)

La grève des lycéens fait des émules : les runners se mettent en grève !

Le mouvement de contestation des lycéens fait tache d’huile. Après les établissements scolaires, c’est désormais le monde du running qui entre en ébullition. À Bussy-Saint-Georges, une partie des membres du club Bussy Running ont décidé de rejoindre la mobilisation. Au programme : réduction du temps d’effort, suppression des évaluations VMA, amélioration des infrastructures, parcours moins vallonnés, suppression des chronométrages et revalorisation des avantages en nature. Une mobilisation historique qui pourrait bien bouleverser durablement la pratique de la course à pied.

Fini les intervalles 30-30, on veut des 25-30 !

C’est la revendication phare du mouvement. À l’instar de celle des lycéens, souhaitant fixe rune limite de 25 élèves par classe, les athlètes de Bussy Running dénoncent depuis des années les conditions particulièrement éprouvantes des séances de fractionné. Le fameux 30-30, qui impose 30 secondes d’effort intense suivies de 30 secondes de récupération, répétées généralement dix fois, est désormais jugé incompatible avec le bien-être des adhérents. « Pourquoi continuer à souffrir 30 secondes alors que les lycéens réclament des classes de 25 ? Nous aussi, nous voulons passer à 25 ! », explique un manifestant, répondant au surnom de Philou, encore essoufflé de son dernier entraînement. Les grévistes exigent donc le passage immédiat au 25-30 : 25 secondes d’effort, 30 secondes de récupération. Soit une réduction de 16,7 % du temps d’effort, sans aucune perte de repos. Une avancée sociale majeure. Les plus radicaux réclament même le passage à la série de quatre fractionnés, contre dix actuellement. La direction du club redoute un précédent dangereux : certains coureurs envisageraient déjà de réclamer des 20-40.

Égalité des chances pour tous : stop aux chronos !

Autre revendication majeure : la suppression pure et simple des chronomètres. Si parcoursup est une boite noire pour les lycéens, pour les runners le chrono en est une autre. "Le temps est relatif" avait dit le génial Einstein. Alors pourquoi en faire une référence absolue ? Les grévistes dénoncent donc un système d’évaluation profondément inégalitaire qui favorise systématiquement les coureurs les plus rapides. « Pourquoi celui qui court à 5 minutes au kilomètre serait-il mieux classé que celui qui court à 7 minutes ? Nous parcourons pourtant exactement la même distance ! », s’indigne un adhérent, répondant au pseudo de Tocardo. Le collectif réclame donc la fin des classements, des records personnels et des applications affichant les performances individuelles. Désormais, tous les runners devront franchir la ligne d’arrivée avec le même temps officiel, quelle que soit leur vitesse réelle. Une mesure destinée à garantir une véritable égalité des chances. Les montres GPS pourraient être conservées, mais uniquement pour afficher l’heure du goûter. Quant aux segments Strava, ils seraient remplacés par des zones de convivialité où chacun pourrait obtenir une médaille de participation, même sans avoir couru.

Une réunion avec la ministre des sports Marinna Ferrari est attendue pour la semaine prochaine afin de remettre à plat toute l’organisation actuelle des prochains championnats de France de courses à pied. La qualification des athlètes sur la base de réalisation de minimas chronométriques étant totalement discriminatoire, les athlètes les moins rapides n’ayant aucune possibilité de se qualifier.

VMA abrogée, notre avenir préservé !

La contestation vise également la VMA, cette fameuse vitesse maximale aérobie qui terrorise certains adhérents à chaque début de saison. La référence à la VMA n’existe qu’en France ! Aux USA, la VMA n’est pas une référence admise. Et regardez qui empoche toutes les médailles aux JO ! Les runners dénoncent une évaluation traumatisante, source de stress, de transpiration excessive et parfois même de courbatures le lendemain. « Nous refusons d’être réduits à un simple chiffre ! », proclame une banderole. Les tests VMA seraient donc remplacés par une évaluation bienveillante reposant sur trois critères : la motivation affichée au départ, la capacité à raconter sa semaine pendant l’échauffement et la bonne humeur à l’arrivée. Les entraîneurs seraient invités à remplacer les encouragements agressifs du type « Allez, accélère !  » par des formules plus inclusives telles que « Tu fais comme tu le sens  » ou « L’essentiel, c’est d’être venu ». Le slogan du mouvement fait déjà l’unanimité : « VMA abrogée, trop de stress, notre avenir préservé ! »

Des infrastructures indignes : les douches du gymnase au cœur de la colère

Les revendications ne concernent pas uniquement les entraînements. Les membres de Bussy Running dénoncent également la vétusté des installations sportives municipales. Les douches du gymnase, dont certaines auraient connu plusieurs générations de coureurs, cristallisent les tensions. Température de l’eau aléatoire, pression insuffisante, carrelage d’un autre âge : les grévistes exigent un vaste plan de rénovation du bâti sportif. « On nous parle de transition écologique, mais nous sommes parfois obligés de laisser couler l’eau trois minutes avant qu’elle soit chaude ! », dénonce un représentant du collectif. Parmi les exigences figurent des douches individuelles à température programmable, un chauffage au sol dans les vestiaires et, pour les séances hivernales, un espace détente avec sauna. Une commission d’expertise indépendante pourrait être créée afin de déterminer si les bancs des vestiaires offrent un confort suffisant pour retirer ses chaussures après une sortie longue.

Des barres de céréales au chocolat, riches en matières grasses et financées par la ville !

C’est sans doute la revendication la plus sensible sur le plan budgétaire. Les runners exigent désormais la fourniture gratuite, par la municipalité, de barres de céréales au chocolat à chaque entraînement. Mais attention, pas question de se contenter de produits diététiques pauvres en calories ! Le collectif réclame des barres généreusement chocolatées, riches en matières grasses, avec une teneur en sucre suffisamment élevée pour compenser les terribles privations subies pendant l’effort. « Nous courons pour nous faire plaisir. Si c’est pour manger une barre aux graines sans sucre après dix kilomètres, autant rester chez soi ! », résume un gréviste. Le mouvement exige également que les barres soient distribuées avant ET après les entraînements, afin de prévenir tout risque de fringale. La question du financement reste entière. Les représentants du club proposent une taxe exceptionnelle sur les cyclistes, jugés insuffisamment solidaires de la cause.

Une grève symbolique : les barres de céréales brisées en deux

Pour matérialiser leur colère sans renoncer totalement à leur activité favorite, les runners ont imaginé une forme de mobilisation inédite : la rupture symbolique de leur barre de céréales. À chaque rassemblement, les manifestants brisent solennellement une barre en deux, sous les applaudissements de leurs camarades. Un geste fort, lourd de sens, qui symbolise la fracture entre les attentes des sportifs et les conditions actuelles d’entraînement. Les organisateurs précisent toutefois que les deux morceaux peuvent ensuite être consommés, le gaspillage alimentaire étant contraire aux valeurs du mouvement. Certains militants particulièrement déterminés envisagent de ne manger qu’une moitié de barre immédiatement, l’autre étant conservée jusqu’à la fin de la manifestation. Une radicalisation qui inquiète déjà les autorités.

La fin des côtes obligatoires et le droit à la descente

Le mouvement pourrait encore s’étendre. Plusieurs adhérents réclament désormais la suppression des séances de côtes, considérées comme une discrimination géographique envers les coureurs habitant en plaine. « Pourquoi devrions-nous subir le dénivelé imposé par le relief ? », s’interroge un manifestant. Le collectif propose d’instaurer un droit opposable à la descente : toute montée devra obligatoirement être compensée par une descente d’une durée au moins équivalente. Les parcours présentant un dénivelé positif supérieur à 100 mètres devront faire l’objet d’une consultation préalable des adhérents. En cas de désaccord, un itinéraire alternatif passant par la boulangerie la plus proche devra être proposé.

Vers un droit à la récupération et à la grasse matinée ?

Dernière revendication, et non des moindres : le droit à la déconnexion sportive. Les runners demandent la suppression des messages culpabilisants envoyés sur les groupes de discussion du club, notamment les fameux « Qui est motivé pour une petite sortie dimanche à 9 h 30 ? ». Les grévistes souhaitent instaurer un horaire minimal de départ fixé à 11 heures le week-end, sauf accord écrit et librement consenti de chaque participant. Les sorties longues devront intégrer une pause-café obligatoire et le temps passé à discuter à l’arrivée sera désormais comptabilisé dans le volume hebdomadaire d’entraînement.

Le mouvement pourrait se durcir

À ce stade, aucune négociation officielle n’aurait permis de rapprocher les positions. Les responsables du club seraient particulièrement préoccupés par la perspective d’une grève reconductible des séances de fractionné, même si plusieurs adhérents pratiqueraient déjà cette forme de contestation depuis des années, sans l’avoir officiellement déclarée. En attendant, les runners de Bussy Running préviennent : ils resteront mobilisés aussi longtemps que nécessaire. Une manifestation est envisagée prochainement, sur un parcours plat de 2 kilomètres maximum, sans chronométrage, avec ravitaillement tous les 500 mètres. Le cortège devrait avancer à allure libre, dans le respect absolu des capacités de chacun.

Une seule certitude : la mobilisation ne faiblit pas. Contrairement aux chronos.

Et comme le rappelle le slogan désormais scandé à chaque entraînement : « Moins de fractionné, plus de chocolat ! »

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