Montévrain 2019 : les 4 heures, quand endurance rime avec persévérance et bonne ambiance. Debrief.

El Tocardo - 4 heures de Montévrain © D.Lapalus

Montévrain 2019 : les 4 heures, quand endurance rime avec persévérance et bonne ambiance. Debrief.

Les 4 heures de Montévrain, c’est la course d’endurance d’excellence de la rentrée de la région de Marne-La-Vallée. En solo, en duo ou par équipe, tous les athlètes franchissent ensemble la ligne d’arrivée, puisqu’au bout de 4 heures, la course est terminée. Quand l’endurance rime avec persévérance et bonne ambiance... Dimanche 1er septembre 2019, 6e édition, course organisée par Marne-La-Vallée Endurance.

Publié lundi 9 septembre 2019, par Denis

A la fin de l’été, les 4 heures de Montévrain, c’est une opportunité unique de vérifier que les multiples chichis, côtes de boeuf, merguez, frites, BBQ, glaces et autres apéros bi-quotidiens de vos vacances n’ont en rien amoindris vos capacités athlétiques. Mais si, si... Allez, c’est la rentrée, on rentre le ventre, et on se met à courir.

Course d’endurance, 4 heures

Parcours des 4 heures de Montévrain

Le principe, courir sur une boucle de 2.2km pendant 4 heures. La première des interrogations venant d’un esprit sain, concernant ce type de course est : "ce n’est pas trop chiant de tourner en rond comme des hamsters pendant 4 heures ?". La réponse est évidemment : NON. Il suffit de regarder le parcours, et si vous voyez un rond, bienvenue au club des bigleux. Vision Plus de Chanteloup-en-Brie est le partenaire de cette course et vous sera sans nul doute d’une grande utilité (tarifs spéciaux pour le sportifs). Par ailleurs, je vous ferai remarquer que le hamster, tel que l’on l’imagine dans sa cage, ne court pas en rond, il court, toujours tout droit, mais dans une roue. C’est la roue qui tourne, le hamster n’effectuant aucune boucle. Mais passons. Il faut courir les 4 heures de Montévrain pour discerner à ce genre de "détails".

Ce parcours des 4 heures est pour le moins varié, et pour l’avoir parcouru plus d’une vingtaine de fois en cette édition 2019, franchement, pas le moindre début de lassitude. Par ailleurs, le parcours est 100% nature, avec tous les types de sols représentés : du stabilisé, au sous-bois, en passant par des parties herbeuses, et même une portion de béton/caillouteux pour les adeptes des sols durs. C’est dire. Celui qui s’ennuie sur ce parcours doit venir avec moi en réunion de présentation de montages d’investissements sur des actifs immobiliers. Nous en reparlerons.

Par ailleurs, en duo (nouveauté 2019, classement en duo) ou par équipe de 4 athlètes, c’est l’occasion idéale de passer 4 heures en bonne compagnie. Les relais sont libres, autant de changement que les équipes le souhaitent, une seule règle, le passage de témoin doit avoir lieu dans la zone de début de boucle. Simple, efficace, agréable.

4 heures de Montévrain en Solo, une excellente prépa. pour un 100 bornes, un tail long, un ultra, une diagonale, ou autre...

J’avais choisi de courir en 2017 les 4 heures de Montévrain, comme préparation pour le 100km de Millau. Cela m’avait plutôt réussi, car j’avais bouclé la légendaire course en 8h52min. En cette année 2019, je reviens sur cette épreuve afin de préparer la Diagonale des Fous 2019 de la mi-octobre. Certes, le dénivelé des 4 heures de Montévrain (environ 600m D+ pour à peine 50 km courus durant ces 4 heures) est faible par rapport aux sentiers de l’Ile de la Réunion, mais ce qui compte, avant tout, est bien de se forger un mental d’acier. Car le mental, c’est capital pour ces courses qui n’en finissent jamais... Et sur les 4 heures de Montévrain, si le mental n’est pas bien ancré, la bobologie risque rapidement de prendre le dessus et le moindre bémol, ampoules, débuts de crampes, etc. devient alors un véritable enfer.

4 heures de Montévrain, l’endroit pour tourner à l’envers

Pour ma 3e participation aux 4 heures de Montévrain, j’ai peu hésité sur mon mode de transport afin de m’y rendre. Hors de question d’utiliser une voiture à moteur thermique. Notre Terre se meurt. Il me restait donc comme choix, avion ou vélo. Afin de réduire le bilan carbone de la planète, comme cela est désormais très tendance, je décide donc, d’un éclair de citoyenneté écologique, de prendre mon vélo, non électrique, évidemment. Préservons les métaux rares. La distance à parcourir est très longue, près de 6 km, mais je prends sur moi cette charge, ayant la destiné de l’humanité sous le poids de mes pédales. Par ailleurs, ces 17 minutes 37 secondes de vélo feront office d’échauffement. A tout malheur... Une chose est bonne : Le retour en vélo fera office quant à lui de récupération. La satisfaction d’avoir sauvé le monde est, quant à elle, sans prix. Trève de délire, j’arrive sur les lieux du psycho-drame.

Retrait du dossard et installation de tout mon équipement (boissons, barres énergétiques, ourson en peluche, crème auto-bronzante, bbq électrique, piscine gonflable, etc.), dans une tente prévue à cet effet, s’effectuent rapidement. J’ai le bonheur de retrouver David from Chelles. Il me reconnaît. Après s’être présenté, je le reconnais à mon tour, et me rappelle les circonstances de notre rencontre, pour le moins marquantes. Il m’avait grandement réconforté lors des 100km de Millau sur la portion du retour de St-Affrique (quand ça pique partout), il était alors sur son vélo, en descente, comme accompagnateur, et suivait plusieurs de ses connaissances. Il n’avait pas à pédaler pour aller 2 fois plus vite que moi... Il freinait sans cesse, ce qui a été d’un grand réconfort. Je plaisante évidemment. Sans accompagnateur pour ma part, avoir fait la causette une dizaine de minutes avec David m’avait fait oublié cette impression d’abrasion de mes membres inférieures sur le bitume. Cette sensation de devenir de plus en plus petit au fil des km...

David vient aux 4 heures de Montévrain afin de préparer les 100km d’Amiens, en octobre prochain (course support des Championnats de France de 100km), son 1er 100 bornes en tant que coureur. Je le confortait dans son choix, les 4 heures de Montévrain est une excellente course préparatoire.

2019, l’endroit est à l’envers : Les surprises 2019 sont plus du côté du parcours pour moi. Si le parcours est légèrement modifié, un virage en épingle à cheveux supprimé, par un léger détour afin de prendre un virage plus large, c’est surtout le changement de sens de rotation du parcours qui me surprend. Cela s’annonce cocasse, puisque le faux plat montant est maintenant sur la partie en stabilisé. Cette partie sur laquelle j’affectionnait particulièrement effectuer des descentes à bloc, histoire de combler mes ascensions lentes sur les parties herbeuses.

Top, c’est parti.

Je pars en dernier. Histoire de ne pas partir trop vite. Je sais combien 4 heures peuvent sembler long quand les jambes ne répondent plus. Premier constat. En fait, je n’aurais pas du partir parmi les deniers. Cela bouchonne pendant quelques dizaines de mètres dans le premier monotrace, le long du ruisseau. Le même dans lequel j’ai laissé tombé ma gourde en 2017 (tocard d’un jour, tocard toujours..). Mais rapidement, nous devons prendre la partie stabilisée montante. Un endroit que les martyrs des 4 heures vont rapidement haïr. Une statue marquant la souffrance des athlètes devrait être posée pour 2020 à cet emplacement, rappelant l’abnégation devant l’effort de ces malheureux relayeurs. Plus sérieusement, bien plus large à cet endroit, le dépassement est de rigueur. Devant cela galope déjà très fort. Trop fort sans doute. A moins de viser le record de l’épreuve, partir aussi vite me semble bien présomptueux. Mais les concurrents sont en majorité jeunes et athlétiques, cela se comprend, ils peuvent partir vite, eux.

1 heure de course...

Les esprits se sont calmés. La réalité de la course à pied a rappelé aux solistes, duettistes et autres quadristes (? hi hi) que 4 heures, c’est long quand même. Avec le duo de rêve, Denis et Julien de Bussy Running (qui finiront sur le podium des duos haut la main), nous nous accrochons au fil des tours. Je n’arrive pas véritablement à les suivre, je m’arrête tous les 2 tours au ravito, perte de temps qu’évidemment ils ne connaissent pas en relais. Je prends soin de m’hydrater et de manger. Bien que perdant ainsi près de 40 secondes à chaque arrêt, je sais que cela me fait du bien, jusqu’aux gambettes. Je préfère courir un peu plus vite et m’arrêter de temps en temps. Mon entraînement trail long est sans doute lié.

2 heures de course...

El Tocardo devrait avoir son bras gauche en arrière...
© Manu Thivent

Après 2 heures de course, Denis (l’autre, le grand, le beau, le fort...), le duetiste talentueux, m’indique : "Et tocardo, tu es 4e !", en me doublant, telle une Ferrari 458 Italia (605 cv) lancée à bloc. Le souffle provoqué par son dépassement me colle littéralement à terre. Heu...Ouais ok, j’exagère un poil sans doute. Bref, il sous-entendait sans doute et qu’il serait éventuellement bien que je me bouge les fesses plutôt que de faire un footing nonchalant encore pendant 2 heures. Bien qu’il ne l’ait pas dit vraiment en ces termes... J’apprécie son espérance en mes chances d’arriver au terme de cette épreuve en bonne place . Il ne sait sans doute pas que je suis en état d’endormissement avancé, ma préparation mentale est en place. Je fais une totale abstraction de la course. Je lui réponds par un gentil mais néanmoins courtois : "Rien à foutre, je fais mon entraînement, 4 heures c’est long. On verra dans une heure".
Entre temps, certains athlètes partis vite commencent à goûter aux joies du lactate et de l’acidose. Le rythme ralentit en tête de course. Du coup, cela remonte fort derrière. Nous bataillons à 3 pour les places 5e, 4e et 3e place en tête. Les 2 premiers étant plus loin devant. Harangués par le speaker, sur des temps de passage très proches les uns des autres, l’esprit de compétition reprend le dessus. Nous envoyons donc un peu plus fort, sachant que le plus gros de la course est effectuée.

3 heures de course...

El Tocardo sort du bois
© Manu Thivent

Au fil des tours, les organismes affichent leur fatigue. Mes arrêts aux ravitos sont de plus en plus fréquents, et me font perdre de plus en plus de temps. Mais le souci est le même pour tous. A tel point que je suis 2e ou 3e, je ne sais pas vraiment, peu importe. Toutes les heures du 4 heures de Montévain fatiguent, mais la dernière heure, c’est le money time. La récompense à ceux qui ont le mieux gérer l’effort, c’est cela l’endurance. Je dépasse l’athlète qui me semblait être le 1er de course. Il est capot ouvert, arc-bouté sur ses pieds, signe de crampes. Comme quoi, les crampes ne sont pas réservées qu’aux vieux. Je passe 2 tours sans annonce en ce sens auprès du speaker, et puis au final, au 3e tour depuis ce dépassement, je suis donc officiellement en tête de course. Il suffit alors de gérer la fin de l’épreuve, arrêt au ravito, faire le plein d’eau et de sucre rapide et le tour est joué.

4 heures de course.

Podium, 1er scratch pour le Tocardo
© DR

Arrivée. Sur ma montre, 49km, 650m D+. Well done. Une fatigue réjouissante, synonyme d’entraînement complet. Ravi d’avoir choisi cette épreuve pour ce week-end. Quand on vient aux 4 heures de Montévrain, on ne regrette rien. Du coup, podimum, 1er scratch. Je reçois de l’hôtesse (en fait c’était un homme, mais cela fait mieux...), une rose (ben oui...), un bon pour une monture de lunettes sportives chez Vision Plus, et le choix d’une bouteille parmi toutes celles disposées sur le podium. Je choisi sans hésiter la bouteille de bière Leffe, qui ne restera pas en vie plus longtemps que la fin d’après-midi. A peine rentré, repas, puis sieste, et bière. Voici un dimanche bien rempli.

A noter : le prix plus qu’attractif de cette course : 10€ pour une course en solo, sans doute le rapport prix/distance le moins élevé de France, avec en cadeau pour tous, un gobelet ré-utilisable.

Mercis !

Un grand Merci aux bénévoles, aux organisateurs, aux compteurs de boucles du haut, aux compteurs de tours du bas, au speaker, à la météo idéale pour courir, aux relayeurs et autres athlètes qui n’ont cessé durant ces 4 heures d’encourager ces forças du parc des Fresnes, et sans oublier évidemment, Manu Thivent pour toutes ces belles photos.
Merci également aux coureurs, aux spectateurs pour ces encouragements sans faille, tout comme à ce duo de choc, Denis & Julien. Même si ce n’est pas très sportif de leur part de m’avoir fait 8 croche-pattes sur les 8 premiers tours... Mais bon. Tiens au fait Julien, j’ai toujours tes 4 épingles que tu m’as si gentiment prêtées. Tu viendras les récupérer à la Réunion ?

La presse en parle...

4 heures de Montévrain
© Journal de la Marne

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